Approche en photo animalière

Photo à l'approche et repérage



Pour photographier les animaux sauvages dans le milieu naturel, il y a deux façons de procéder : L'approche, méthode active, qui consiste à se déplacer dans la nature à la recherche des animaux convoités et l'affût, méthode passive, qui consiste à se cacher à poste fixe et attendre le passage des animaux. Les deux méthodes ont leurs avantages et inconvénients et sont complémentaires l'une de l'autre.
Dans cet article je vous propose quelques réflexions sur l'approche !


L’approche des animaux lorsqu’elle est pratiquée sur des territoires où la faune est farouche, demandera beaucoup de technicité sinon elle sera dérangeante pour les animaux et peu fructueuse pour le photographe. Par contre, dans les zones où la faune ne craint pas les humains, comme dans certains parcs nationaux (exp : Bouquetins dans la Vanoise, faune du grand nord ), ce sera la méthode à privilégier.

Le repérage est une sorte de balade photographique que je pratique lorsque je pars à la découverte d’un nouveau territoire, c’est d’abord pour se faire une idée du potentiel photo de la zone, quels sont les animaux présents et leur densité, chercher les traces, les coulées, où mettre un affût. Je ne tente pas d’approcher les animaux que je rencontre, je me contente de les observer et si je peux, de les photographier, à la distance où je les découvre.


Quelques petits trucs pour optimiser ses chances de réussite

Renseignez vous auprès des locaux sur les ‘ bons coins ‘ et sur les éventuelles restrictions de circuler (réserves intégrales, arrêté préfectoral, battues de chasse)
Consultez la météo pour adapter la tenue et la protection du matériel (housse anti pluie), j’emmène toujours un grand sac poubelle qui fera une protection étanche pour l’appareil en cas d’averse.
Préparer son itinéraire sur les images satellite de google et les cartes IGN , permet de visualiser les lieux, les endroits propices à la faune, rivières, jachères, forêts. On se fera aussi une idée des distances et du relief.
Adapter sa tenue à la météo et au terrain. Une tenue de camouflage n’est pas superflue lorsque les animaux convoités sont craintifs. Il en existe de différentes couleurs pour une adaptation parfaite à l’environnement où vous vous déplacez et à la saison ! Une tenue ghillie ou un petit filet de camouflage est apprécié pour faire des mini affûts sur le parcours.
Adapter le matériel photo pour l’approche pose toujours un problème car on est vite limiter par le poids ! Un 500 mm monté sur pied permet de prendre des photos sans trop s’approcher ce qui est idéal dans bien des cas, mais cela pèse 8 à 10 Kg ! Alors que pour une randonnée longue en montagne un 300mm f4 stabilisé avec éventuellement un multi x 1,4 peut faire l’affaire (environ 2,5 kg). Il faut adapter le poids en fonction de vos capacités musculaires pour ne pas être épuisé, à bout de souffle et tremblant au moment de prendre des photos ! La maniabilité de votre ensemble de prise de vue doit être bonne, vous devez pouvoir suivre un oiseau en vol ou un lièvre en pleine course. Après reste l’entraînement, un photographe animalier est souvent un sherpa !
Penser à votre confort ; des vêtements où on est à l’aise, des bonnes chaussures de randonnée confortables( où des bottes), un ensemble de prise de vue bien maniable et pas trop lourd, vous aideront à faire une bonne approche.
Il faut se déplacer le plus lentement possible en restant concentré sur ce qui se passe aux alentours, les animaux perçoivent très bien les mouvements, des gestes lents les effraient moins. Se cacher les parties claires du corps, en particulier les mains qui sont amenées à bouger pour manipuler l’appareil photo et seront très visibles ( gants légers en tissus de camouflage)
Il faut se déplacer le plus silencieusement possible ce qui implique de regarder où on met les pieds et d’avoir des vêtements souples qui ne font pas des bruits de frottement (évitez le Kaway), ne pas parler fort, utiliser le mode silencieux de l'appareil photo ou une housse anti bruit.
Il faut se déplacer face au vent , car si votre odeur vous précède, vous ferez fuir la plupart des mammifères qui craignent les humains (évitez les odeurs fortes comme le tabac ou le parfum).
C’est mieux de commencer sa balade photographique aux premières lueurs de l’aube, dés que l’on peut marcher sans lumière d’appoint, c’est là que les mammifères sont le plus actifs.
C’est mieux de partir avec le soleil dans le dos, votre vision sera moins gênée par la lumière rasante et l’exposition des images sera plus simple à gérer.
Profiter des éléments de terrain pour passer inaperçu, en marchant en lisière d’un bois dans l’ombre on est moins repérable que sur une crête en pleine lumière !

La nature est toujours généreuse pour celui qui sait l'approcher avec humilité et respect.

 

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