Renard roux - Claudy Guiot
Renard roux
Le renard, petit canidé de nos campagnes, tout le monde le connaît, qualifié de rusé, il s'adapte à tous les milieux.

En France il est chassé, traqué, piégé, empoisonné, mais que lui reproche-t-on ?

Il tuerait nos poules !
C'est possible, mais ce serait si simple de garder nos poules dans des poulaillers correctement fermés pour les protéger !

Il commettrait des dégâts !
Le renard se nourrit d'abord de petits rongeurs, mulots, campagnols et rats représentent la plus grosse part de son régime, puis après vient tout ce qu'il peut trouver sur son territoire, oiseaux, insectes, œufs, fruits sauvages, charognes, lapereaux, et en ville il se nourrit surtout dans nos poubelles. Où sont les dégâts ? Bien au contraire en consommant de grandes quantités de petits rongeurs il est un allié de nos cultures !

Il proliférerait !
Les études scientifiques ont montrées que la taille des portées des renardes s'adapte à la disponibilité alimentaire du territoire où elles vivent, comme pour tous les prédateurs c'est la disponibilité de la nourriture qui définit la taille de leur population. Cette belle adaptation devrait nous permettre de laisser faire la nature, mais elle est mal interprétée par les détracteurs du renard, qui constatant de grosses portées de renardeaux, ne manquent pas de crier à l'invasion des renards, alors que ce sont les rongeurs qui sont nombreux ! La densité de population des renards est en moyenne d'un individu au km² mais elle varie beaucoup d'un milieu à un autre et c'est toujours en relation avec la disponibilité alimentaire. La densité maximum 5/km² peut être atteinte en ville, dans le bocage elle est de 0,5/km² et en montagne elle est seulement de 0,025 /km².

Il transmettrait des maladies !
Dans les années 70 il fut éliminé massivement car il avait la rage, mais on s'est aperçu que de le tuer facilitait les déplacements des renards infestés et faisait avancer la maladie, c'est en les vaccinant que l'épidémie fut jugulée en 2001. Des études scientifiques récentes ont montrées que la diminution des populations de renards entraîne une augmentation des populations des rongeurs porteurs de larves de tiques responsable de la maladie de Lyme (Levi et al., 2012; Hofmeester et al., 2017) et qu'une trop forte régulation, déstructure les populations de renards et les rendent beaucoup plus sensibles au parasite de l’échinococcose alvéolaire (ELIZ 2013 et Comte et al 2017). Comme on le voit la destruction des renards accroît le risque sanitaire pour les populations humaines .
Selon l'OMS il est important de d'abord surveiller nos animaux de compagnie et de les traiter car ce sont d'abord eux qui nous contaminent.

Il aurait un impact négatif sur la faune sauvage !
Comme tout prédateur naturel, le renard participe à la sélection naturelle et élimine d'abord les individus malades ou en grand nombre. Il empêche donc les pullulations tout en maintenant les populations d'espèces proies en bonne santé.

Mais alors, pourquoi s'acharner sur le renard ???
Tout simplement parce que la chasse en France est un loisirs qui plaît à beaucoup ! Les chasseurs sont trop nombreux et pour avoir quelques gibiers à tirer il leur faut non seulement relâcher du gibier d'élevage qui ne sait pas éviter les dents du renard, mais ils leur faut aussi la part du renard et le renard !!!


La gestion de la faune sauvage doit évoluer d'une gestion purement cynégétique vers une gestion collective d’un patrimoine commun
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